Chaque riverain a le droit de prendre, dans la partie du lit qui lui appartient, tous les produits naturels et d'en extraire de la vase, du sable et des pierres, à la condition de ne pas modifier le régime des eaux et d'en exécuter le curage (Code de l'Environnement, Droit des riverains). Mais les gîtes de substances minérales ou fossiles renfermés dans le sein de la terre ou existant à la surface sont considérés comme mines ou comme carrières (Article 1 du Code Minier).
L'activité d'orpaillage loisir n'est pas prise en compte par la loi française comme le sont la pêche et la chasse. L'orpaillage en tant que mise en valeur d'une ressource minérale est donc réglementé par le Code Minier, la Fédération Française d'Orpaillage ne délivre aucun permis. Le code minier prévoit deux cas: la simple recherche et l'exploitation minière.
Simple
recherche:
Article
7 du Code
Minier
L'orpaillage
considéré comme simple
recherche est soumis à déclaration.
Pour toute
recherche, il faut envoyer une déclaration
à la Préfecture ou DDE du département
concerné
indiquant les dates, le plan des lieux prospectés, et le
matériel
utilisé.
-L'orpaillage
avec pelle, pan, batée,
seau, tamis, pompe manuelle, grattoirs, pied de biche inférieurs
à 50 cm, sluice léger rentre dans le cadre d'une simple
recherche.
-L'utilisation d'engins mécaniques (motopompe, drague) est généralement interdite ou soumise à autorisation préfectorale et considérée comme exploitation professionnelle. Elle fait donc sortir du cadre de la simple recherche.
L'autorisation du
propriétaire des terrains
exploités est nécessaire.
(particulier pour
les terrains privés ou
DDE pour le domaine public)
Vente
de
récolte:
Article
8 du Code
Minier
Une autorisation
administrative est nécessaire
pour pouvoir vendre le produit de ses recherches.
Exploitation
de
gîte:
Pour l'exploitation
le Code Minier prévoit
3 types de titres miniers:
-Le Permis Exclusif
de Recherches (en vue d'exploitation)
-Le Permis
d'Exploitation
-La Concession
Les infractions au Code Miner sont punies d'une peine d'emprisonnement de 1 ou 2 ans et d'une amende de 15000 ou 30000 Euros selon le type d'infraction.
La connaissance des lois sur l'environnement est indispensable pour ne pas avoir de mauvaises surprises:
Les lois de protection de l'environnement préservent les frayères, les zones piscicoles, et les écosystèmes des zones humides ; les travaux dans le lit des cours d'eau concernés sont soumis à autorisation et les rejets y sont proscrits. Le défaut d'autorisation est puni deux ans d'emprisonnement et de 18000 Euros d'amende. (Code de l'environnement, Articles L432-2, L432-3, L216-8)
En Ariège, ces zones sont clairement interdites à l'orpaillage par la préfecture.
Le fait de jeter, déverser ou laisser s'écouler dans les eaux superficielles, souterraines ou les eaux de la mer dans la limite des eaux territoriales, directement ou indirectement, une ou des substances quelconques dont l'action ou les réactions entraînent, même provisoirement, des effets nuisibles sur la santé ou des dommages à la flore ou à la faune, est puni de deux ans d'emprisonnement et de 75000 Euros d'amende. (Code de l'environnement, Article L216-6)
L'extraction de matériaux est limitée ou interdite lorsqu'elle risque de compromettre, directement ou indirectement, l'intégrité des plages, dunes littorales, falaises, marais, vasières, zones d'herbiers, frayères, gisements naturels de coquillages vivants et exploitations de cultures marines.
Les forêts de protection sont soumises à un régime forestier spécial concernant les fouilles et extractions de matériaux (Code Forestier, Forêts de protection).
Orpailleurs
de
sablières:
Les orpailleurs
travaillant en sablière
ne sont pas considérés comme exploitants miniers, ils
sont
généralement déclarés artisans
(activités
extractives, orpaillage) à la chambre des métiers (B.O.
des impôts du 13 Mars 2003, liste des activités
relevant
de l'artisanat). Avant que le terme d'orpaillage ne soit
réapparu
dans la nomenclature moderne des métiers, les orpailleurs de
sablières
de la fin du 20 ème siècle se déclaraient artisans
récupérateurs des sous produits du sable.
Pour la vente de
leurs récoltes ils doivent
être inscrits au registre du commerce. Un particulier peut
cependant
vendre sa production sans inscription au registre du commerce tant que
le montant annuel n'atteint pas le plafond indiqué par la
chambres
des métiers (10 000 Euros environ, à préciser
auprès
de la chambre des métiers concernée).
Recommandations:
-Afin de
préserver la nature, sa santé
et celle des autres, l'usage du mercure et de produits chimiques est
à
bannir.
-Afin de
préserver le calme, les écosystèmes
(frayères, zones de croissance et d'alimentation de la faune
liée
au cours d'eau) et de ne pas épuiser les placers, l'utilisation
illégale d'engins motorisés est à proscrire.
-Discrétion,
savoir vivre, respect
des autres et de la nature (pêcheurs, baigneurs, kayakistes,
promeneurs,
propriétaires, faune, flore, écosystème...) sont
des
qualités indispensables.
-La remise en
état des terrains prospectés
(rebouchage des trous) est une tradition à ne pas oublier.
-Pour ne pas passer
pour un voleur pollueur, montrez
vos trouvailles aux propriétaires des lieux lorsque vous les
rencontrez,
expliquez et montrez ce que vous faîtes.
-Veiller à
ne pas dériver de l'orpaillage
loisir vers l'exploitation minière illégale.
-Veiller à
ce que la fièvre de l'or,
état d'excitation psychique naturel et très
agréable
qui accompagne la première trouvaille et certaines
découvertes
ne dégénère pas en folie personnelle ou collective.
Lorsque les orpailleurs
donnent une mauvaise image
de l'orpaillage, la réglementation devient draconienne,
actuellement
en Guyane, les orpailleurs passent pour des bandits, assassins,
pollueurs,
dévastateurs de la nature. Ils ont réussi à
mobiliser
à juste titre l'opinion publique contre cette activité et
l'état est considéré comme complice. En tapant le
mot orpaillage dans un moteur de recherche comme Google, on constate
que
les chercheurs d'or sévissant en Guyane sont
auréolés
d'une notoriété extrêmement négative.
Certains pays,
suite à des abus, ont mis
en place une réglementation très stricte de l'orpaillage.
A voir:
"La
loi de la jungle : chronique d'une zone de non droit", documentaire
plusieurs fois primé réalisé par Philippe Lafaix
sur
la dure réalité de l'orpaillage en Guyane
Française,
en ligne sur Internet.
Il est précisé qu'il faut veiller au respect de l'environnent, en particulier sur les articles du code de l'environnement: L442-3 qui préserve la faune piscicole et L211-1 qui préserve les écosystèmes aquatiques.
L'emploi d'engins mécaniques (dragues, pelle mécanique,...) de produits cyanurés ou de mercure est strictement interdit.
Le Salat domanial s'étend de la digue de Roquelaure à Taurignan Castet au pont de Lacave. L'autorisation d'occupation temporaire de ce domaine public fluvial est accordée pour l'année.
Pour le Salat non domanial et les autres cours d'eau, l'accord des propriétaires riverains devra être obtenu.
Toute personne désirant pratiquer l'orpaillage de loisir dans le Gard, doit en faire la demande écrite au préfet du Gard, bureau de l'environnement, 30045 NÎMES cedex 9.
Cette pratique doit constituer uniquement une activité de loisir et ne doit pas faire appel à des moyens techniques sophistiqués. Compte-tenu des quantités d'or en cause, il est admis que, dans le cadre de l'orpaillage de loisir, l'autorisation de disposer librement du produit de ses recherches ne soit pas requise.
Contenu de la demande:
Le demandeur doit fournir la liste exhaustive des cours d'eau dans lesquels les recherches auront lieu (extrait ou copie d'une carte au 1/25000 faisant apparaître le linéaire) et faire la description des matériels utilisés.
Outre les nom, prénom et adresse du demandeur, il est nécessaire de préciser l'identification des personnes l'accompagnant.
Il faut impérativement indiquer la période visée par cette activité de loisir.
Le demandeur s'engage à :
La préfecture adresse systématiquement une copie de l'autorisation à l'office national de l'eau et des milieux aquatiques (ONEMA) du Gard, habilité à diligenter des contrôles.
Durée
L'autorisation d'orpaillage est accordée, dans le Gard, pour une durée de 6 mois, soit du 16 mai au 30 novembre, dans les cours d'eau de 2ème catégorie piscicole.
Toutefois, dans le cas où, par l'utilisation d'un matériel mécanique motorisé, l'activité d'orpaillage dépasserait le stade de loisir, l'orpailleur devra effectuer une demande spécifique, en application du code minier.
Sur la carte des cours d'eau sont identifiés :